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Les petites « Notes de plage » de René Limbourg & Franck Morel – Eté 2015 …

septembre 15, 2015
Affiche Expo RP Notes de Plage bis (1)
 Du 18 septembre au 4 octobre 2015, la galerie des Hospices (Canet-en-Roussillon 66) présente le travail de 5 photographes sur le thème « Paysages, Vues d’Ici ». Parmi eux, René Limbourg présente une sélection de 20 photos grand format à l’argentique (6X6), disposées en diptyque, accompagnées de 7 textes de Franck Morel. Intitulé « Notes de plage – de Cadaquès à Cala Salionç, clins d’œil aux années 60 », cet opus à 4 mains présente avec humour des scènes de vie acidulées sur les côtes sauvages de la Costa Brava.
 
Des côtes sauvages… complètement MYTHOS. Mythologiques ou mythomanes, c’est à vous de voir. Un concentré de Méditerranée, dans une lumière qui rappelle le cinéma italien des années 60 ou la French Riviera … Une femme en bikini qui lit (Simone veille), un dormeur sur ponton, une rêveuse dans la brume de Cadaqués (Brume ou blonde ?), un japonais méditant au soleil levant (Maître Yoga), une robe jaune, des bras qui s’agitent sous les arbres face à l’horizon, les couleurs chatoyantes des parasols de Tossa, des séries de rochers (Rock stars), ceux d’où on fait ses « water plouf », des profondeurs bleues où l’on « planche » à rien…
Bref, marée humaine à parasols bigarrés ou solitude à fleur de rochers, telle est la question.  Au final, ne cherche t’on pas tous la même chose, en allant flirter avec les horizons ?
 
«Notes de Plage» dans le cadre de l’expo collective «Vues d’Ici», Galerie des Hospices, Canet-en-Roussillon. L’expo dure seulement 2 semaines : du 18/09 au 04/10/2015 ! Ouvert tous les jours de 15h à 18h, entrée libre. Renseignements: 04 68 86 72 60. http://mairie-canet-en-roussillon.fr/culture-canet-galerie/  Plus d’infos sur René Limbourg : http://www.renelimbourg.com/

A noter : RV pour une lecture des textes de et par Franck Morel, le samedi 26 septembre à 16h, sur les transats de la Galerie des Hospices de Canet-Village.

MICROS BIOS/
René Limbourg, parisien d’origine chinoise, démarre la photo avec des paysages asiatiques pour la presse internationale (Courrier International, le Monde, IO Donna, Ei8ht, Match du Monde, Newsweek Japon, Géo Ado, etc…). Il y a 12 ans, il rencontre Visa à Perpignan, l’année d’après y reste et troque ses tongs pour les espadrilles, en devenant plus catalan que les catalans.
Franck Morel lui est enseignant (Lycée Picasso). Il lui arrive aussi d’écrire, lentement et « avec parcimonie ». Il affectionne les séries, les appelle ses carrés, matière de livres inépuisables.  Il se permet d’en rêver en serrant dans ses cartons un petit ouvrage intitulé Verbatim. Il le trouve encore passablement drôle, un rien bancal. Il ne le renie pas. D’ailleurs, cet automne des élèves comédiens vont s’y confronter.
 
Extrait/ Franck Morel
«Je nage. Arrimé ferme à ma bouée gros boudin je nage. Avaler petites brassées pépères du bleu du mille marin fendre du flot rouler barrique creuser sillon passer marmaille à brassières passer bedaine qui patauge passer cambrées huilées poulettes à l’eau. Je dis Salut vieux crabes berniques mouettes et cormorans ! J’égrène les vagues je bobine du mille sur ma bouée gros boudin. Je trace mon monde à petits pointillés bien comptés. Je compte mon monde à petites brassées cadencées. J’en peux suivre le liséré qu’a brodé ma maman. C’est d’un contour bien net. Il n’y a rien d’étrange dans mon monde. Il y a un nom pour toute chose et j’en sais l’inventaire. Je sais le nom des arbres. Je sais le nom des oiseaux. Je sais le nom des poissons. Je sais le nom des crabes. Je sais le nom des bateaux. Je sais le nom des ports. Je sais que comme papa je pourrais siroter muscat à CANET comme papa je pourrais me tailler la moustache à PORT LLIGAT me dorer la couenne à COLLIOURE comme papa je pourrais emballer les coquines à TOSSA ramasser des galets noirs à NONZA cingler comme papa vers la SCIARA DEL FUOCO me payer des claquettes à SAN REMO taquiner Gigi Tina Meriem à LA GOULETTE pleurer dans les bras de Soleiman à CEUTA rêver vivre mieux à MELILLA je pourrais comme papa me teindre en blonde à FARO chercher Orson et la comtesse Mori à MOGADOR acheter des babioles sur GORÉ chanter la morna au CAP-VERT je pourrais voir LAGOS et puis comme papa naviguer cap Nord me peler les miches aux FEROÉ reluquer Gertie boiteuse à SANDYCOVE faire trempette à BRIGHTON je pourrais comme papa porter kilt à IONA and MULL cogner du glaçon près D’HÖLMON voir les petits matins blancs pur coton de SVALBARD je pourrais comme papa faire le facteur sur L’ÎLE AUX OURS. Je pourrais. Arrimé ferme à ma bouée gros boudin je pourrais.»